Le jour où j’ai décidé de rembobiner la cassette | Looking for Janis

Le jour où j’ai décidé de rembobiner la cassette


(j’entends ses mots dans ma tête si souvent depuis des années “that’s what i’m tryin’ to do, mostly, in the whole world, is to not bullshit myself, and not bullshit anybody else, to be righteous to myself / to be the person i like, the person inside of me.”)

 

Note pour ceux qui ignorent tout ou presque de Janis Joplin :

Pour faire simple, disons que Janis Joplin était une petite fille texane bien coiffée et tout.
Sa bonne fée la dota d’une putain de bonne voix.
Une autre fée lui a peut-être donné cette énergie de feu incroyable à moins que ça, ça ne lui soit venu après, comme un matin on se réveille et paf, on a la colère qui monte, l’envie de tout bouffer, de tout picoler, de tout avaler et d’en crever s’il le faut. Si c’est possible.
Carabosse devait sans doute être là aussi le jour du baptême, car elle l’a mise en garde : quitte la vie rangée que Jizeus-Chraïst a prévu pour toi et la mort viendra te chercher. Janis, elle a dit fuck à toutes ces connasses de fées et elle est partie vivre sa vie jusqu’au bout du bout du bout et plus loin encore.
Elle a usé sa putain de voix à en pleurer.
Habitée par le blues, elle partit faire la bringue un peu partout. Buvant, chantant, riant et se tapant sur la gueule avec des tas de gens (habitude qu’elle n’a jamais tout à fait perdue).
Par deux fois, elle pris la route, la troisième elle quitta définitivement son état natal pour San Francisco, eldorado des artistes, des ados en fugue, des beatniks, des hippies et des camés en tous genres. Pas dit qu’elle portait des fleurs dans ses cheveux*, mais c’est sûr qu’elle devait sourire au bon Dieu comme personne !
Elle avait soif de sincérité Janis, et là-bas, elle a embrassé une génération qui luttait pacifiquement pour une société nouvelle. Elle y a cotoyé les plus grands musiciens de la West Coast, souvent cette amitié se concluait au lit, une sorte de coutume à l’époque, un peu comme le bisou esquimo. It was the Summer of Love my friends !
Elle ne tarda pas à être défoncée ou bourrée ou les 2 les 99% de son temps (on peut dire que endormie ça compte pas). Au menu, bière grenadine pour le p’tit déj’, héroïne et Sourthern Comfort pour le reste.

Disons donc que Janis Joplin était devenue une jeune femme étrange, mal peignée et tout.
Mais Janis était, est et sera pour toujours une des (la) plus grandes chanteuses de tous les temps (on compte que celles dont des enregistrements audios sont parvenus à nos oreilles, ça fait déjà pas mal de candidates), Janis fut la première rock star féminine, la puissance vocale incarnée, performer unique réinventant son chant en permanence. C’était pas tant la qualité de sa voix que son interprétation extraordinaire (notez bien la signification exacte de ce terme : extra-ordinaire).
Love Sex And Rock’n’Roll Forever (j’aurais pu écrire Sex Drugs and Rock’n’Roll mais non)

Elle s’en foutait d’être belle ou quoi, elle voulait de l’amour, du feu et de la joie, elle a tout donné, elle a pris son pied, elle a lutté pour se faire entendre, elle a cherché la vérité de son âme et puis la fée Carabosse l’avait prédit et la mort est venu trouver Janis à Los Angles une nuit d’octobre 1970.
Mais sa putain de voix, trop vivante pour la mort elle-même, est encore là. Elle raconte toujours l’histoire d’une étoile filante : une petite fille texane devenue rock star, qui a vécu si fort qu’elle s’en est consumée. Le conte de fées finit mal cette fois.
Elle a jamais eu 30 ans. Elle avait encore tant à offrir et à vivre.

Regardez bien ces images, écoutez et faites le silence autour. Vous comprendrez sûrement.

 

Et puis une autre pour le fun : en 1967, le talent de la petite chanteuse d’un énième groupe psyché de San Francisco a explosé à la face du monde (observez la gueule de Mama Cass au 2e rang…)

 

Voilà maintenant je peux commencer mon histoire.

*http://en.wikipedia.org/wiki/San_Francisco_(Be_Sure_to_Wear_Flowers_in_Your_Hair)

July 12, 2011

2 responses to Le jour où j’ai décidé de rembobiner la cassette

  1. ade said:

    “the more i read you, the more i like it” (ade et mat)

  2. friscolex said:

    Et moi j’avais oublié la douceur de sa voix parlée…

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