Le jour où j’ai décidé de partir

Faisons une ellipse temporelle si vous le voulez bien et projettons-nous dans le moment présent : il est 3h03 du matin, dans 20 heures je suis sur le sol américain.

Je ne vais pas vous raconter tout de suite comment je me suis égarée mais je vous dirais seulement que j’ai mis des années à retrouver mon chemin, pour de bon. Ce fut pareil pour le Petit Poucet, ce con il avait pas pensé que les miettes de pain seraient bouffées pas les oiseaux. Alors, j’ai pris des cailloux, cette fois, c’est plus sûr. À présent, je marche sans certitude mais avec confiance. Avec l’énergie du désespoir comme on dit. C’est une belle expression bien qu’un peu galvaudée, et qui dit bien ce qu’elle veut dire (et quoi, à vous de chercher). L’énergie du désespoir justement, c’est bien celle-là qui devait animer Janis… Et pourtant…
Je ne vais pas non plus vous raconter tout de suite comment j’ai perdu confiance mais je vous dirais qu’aujourd’hui que je me suis complètement reconnectée avec la Janis que j’aime : celle qui pète le feu, celle qui dit merde à tous le monde, celle qui vit sans complexes, celle qui éclate de rire bruyamment, celle qui s’habille n’importe comment, celle qui s’ouvre aux autres sans retenue, celle qui fait la fête, celle qui est créative et folle, celle qui est intelligente et drôle, celle qui fait l’amour à 25 000 personnes en même temps rien qu’en chantant, celle qui brûle à l’intérieur, celle que j’ai aimée et que j’aime aujourd’hui, sans complaisance, avec plus de distance et de bienveillance.

Je contemple le chemin parcouru : “I’m never going back again to crucify myself again you know” Sauf que cette fois, c’est vrai. Toutes les expériences sont imprimées en moi et constitue une carte intérieure, toujours en évolution. Avec des routes, des fossés, des lacs, un océan (très très profond et très noir), des vergers en fleurs, des prairies, des forêts, des plages et des déserts. Quelque soit la luminosité de la route, j’emmène toujours ma lanterne. Je méritais bien d’en avoir une ! Et maintenant que je sais m’en servir, j’ai moins peur. L’ennemi intérieur n’a qu’à bien se tenir ! J’oublierai pas de mettre cette carte dans ma valise à côté de mes guides du routard et du livre que Domi m’a offert.

Puisqu’il me faut continuer à marcher, j’irai voir Janis, j’ai tant de choses à lui dire avant d’avoir 30 ans! Le temps file et je suis toujours à sa recherche. Je me demande si je parle du temps ou de Janis tout d’un coup… Les deux en réalité.

Et c’est ainsi que j’ai choisi un parcours en particulier, pas n’importe quelle “route de Janis Joplin”. Je ne vais pas voir tous les lieux où Janis est passée (j’ai déjà été à l’Olympia au moins 5 fois pour d’autres raisons), je ne vais pas aller au Chelsea Hotel à New York, ou suivre la voie ferrée du Festival Express. Non, je vais suivre son impulsion, celle qui la conduite à quitter le Texas pour la Californie, le jour où elle a quitté pour de bon les “straight-suits” pour aller, avec son désir de vivre pleinement, vers l’inconnu, vers la lumière.
Je vais commencer par Port Arthur, sa ville natale, je passerai sans doute en Louisiane, toute proche, je resterai quelques temps à Austin, je me gaverai de musique dans les bars, puis je reprendrai la route, par le désert, Phoenix et Las Vegas, je me poserai à San Francisco, traînerai à Haight Ashbury et Larkspur, je longerai la côte où ses cendres ont été dispersées en octobre 1970, je terminerai comme elle à Los Angeles.

J’entends le Kozmic Blues de Janis dans ma tête :

‘Cause I know that I could always try.
There’s a fire inside of everyone of us, huh-uh,
I’m gonna need it now,
I’m gonna hold it yeah,
I’m gonna use it till the day I die

Le temps passe, et je marche.
Enfin, techniquement, je vais même carrément voler bientôt !

 

July 23, 2011

5 responses to Le jour où j’ai décidé de partir

  1. Professeur Choron said:

    Idée de voyage pour l’année prochaine : L’Angleterre ! 😉

    http://www.slate.fr/story/26697/rock-un-coup-de-vieux-pour-le-club-des-27

    Ce n’est pas la même “classe”, mais cela amène plusieurs questions:
    Et si elle avait du talent malgré l’alcool et l’héro ?
    Et si c’était une vraie pouffe, une teigne patentée, bref une vraie conne juste excellente chanteuse ???

    Tout cela m’est bien sûr inspiré en visionnant Amy maison de vin, pathétique mais presque ! Le buzz qui l’a fait d’elle une “star” l’a tué…

    • LookingforJanis said:

      Merci cher Professeur Choron !
      Je vous invite à lire “Le jour où j’ai appris la mort d’Amy Winehouse” ! 😉

  2. Professeur Choron said:

    Réflexion faite, Amy Winhouse c’est la louse. A 3 mois près, elle pouvait prendre la présidence du club des 28 devant Big Bopper et Mike Brant !
    Voici un beau résumé de son style 😉
    http://www.courrier-picard.fr/var/plain_site/storage/images/actualites/dessins-d-alex/dessin-d-alex-du-20110725/5654043-1-fre-FR/Dessin-d-Alex-du-20110725_reference.jpg

    • LookingforJanis said:

      Pareil pour Janis ceci dit… À 3 mois près, elle avait 28 ans !

  3. friscolex said:

    Trop forte cette vidéo, puissant accomapniment à ton post !

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